Ivresse des sommets – Soleil et beauté – Ailefroide

Jour 0

Le rendez-vous est donné : 20h30 gare d’Austerlitz pour grimper dans le train de nuit en direction de Briançon. Devant le quai, un petit attroupement de membres Grimpo6 s’est formé. Casques, cordes, sacs à dos : ils sont repérables et on sent dans l’air l’excitation enfantine à l’idée de monter dans le train et de s’y coucher… pour se réveiller au milieu de montagnes comme au milieu d’un rêve.

Premiers échanges et premiers retards. Solal, Hanbi et Julien manquent à l’appel.
Le groupe s’avance vers le train malgré tout – Cécile en tête de cordée – avertissant le contrôleur que nous ne sommes pas au complet.

Elizabeta (Eli), Maxence (Max), Florian (Flo), Julien (Julien), Hanbi (prononcer /annbi/), Solal, Guillaume, Filippo, Tobias, Ambroise, Cécile et Aubry. Nous sommes finalement au complet.

Dans les wagons, pas question de perdre son temps. Hanbi et Aubry se lancent dans un rappel des manips de grande voie, au premier rang desquelles : l’installation du relais.

“Alors ça c’est la façon de faire son relais” dit-elle en accrochant deux mousquetons aux sangles qui maintiennent les couchettes supérieures. “Mais ! Vous pouvez aussi faire comme cela” ajoute-t-elle en décrochant prestement sa sangle Mammut, puis en l’entortillant d’une manière différente sur les deux points du relais improvisé. “Mais… vous pouvez aussi faire comme cela !” ajoute-t-elle en enlevant la queue de vache et en clipsant sont point primaire à la sangle.

Débat entre Julien et Hanbi sur cette méthode peu orthodoxe de concevoir un relais. Filippo y adjoint ses connaissances en astrophysique pour faire une observation sur la force qui s’exerce sur les deux points du relais en fonction de l’angle formé par ceux-ci et par le point primaire.
“L’essentiel est de rester en vie” conclut Hanbi pour rassurer les novices.

L’équipe Grimpo6 se couche tôt après avoir constitué les cordées. On grimpera en flèche. Les plus mauvais, Ambroise en tête, iront à la Raclure, tandis que d’autres iront au Mou du cul. Pas de pitié pour notre fierté de grimpeur, l’équipe se répartit entre mous du cul et raclures.

Jour 1

Réveil et descente du train à la gare d’Argentière. On aperçoit déjà les montagnes. Le temps est magnifique. On cesse de parler peu à peu, pieusement, à mesure que se découvre la beauté des montagnes du parc des Ecrins.
Tout est beau, même le camping, où l’on dépose rapidement ses affaires pour se diriger vers la Draye où les premières grandes voies attendent le groupe.

Tout se passe bien et le groupe est hyper motivé. On part tous au secteur de la Draye, où Flo avait sélectionnées 4 GV pour partir en flèche à 12, en 7 longueurs max, sans rappel et sans marche d’approche (sans compter le fait qu’on se soit perdu un peu).

Le soir, Flo nous montre la manœuvre de descente en rappel, suspendu à un arbre du camping avec son français, puis Julien nous montre le machard. On évoque les différents accidents survenus en rappel pour nous aider à passer une bonne nuit, et Eli s’empresse de proposer à tout le monde un jeu consistant à raconter les histoires les plus effrayantes possibles. Celui qui a la plus effrayante a gagné.

Jour 2

La confiance prise par le premier jour d’escalade, l’équipe Grimpo6 s’adjuge des voies plus longues et plus difficiles. Flo et Ambroise se sentent appelés vers Les Prédateurs, tandis que les mous du cul de la veille iront à Palavar les flots, et d’autres à Little Palavar. 

Trop facile pour Guillaume et Solal qui décident de laisser un peu d’avance à Cécile et Aubry sur leur voie. Ils aiment la difficulté, ce sera donc escalade de nuit pour eux. Puisqu’on est sur la montagne, autant en profiter du début de la journée jusqu’à la toute fin.

Pendant ce temps, Flo démêle (pour la 5ème fois) les cordes qu’il a lancé sur un mélèze qui n’avait pourtant rien demandé, et entame son 3ème rappel en compagnie d’Ambroise.

De son côté, Filippo raconte à Max toutes les chutes mortelles qui ont eu lieu en rappel ces vingt dernières années au moment ou celui-ci installe son machard (ami lecteur, je profite de cet aparté pour te déconseiller d’après mes lectures le nœud de huit pour faire la jonction entre les deux cordes, opte plutôt pour un pêcheur double ou un nœud simple – oui, oui).

Pendant ce temps, le groupe du chill avec Hanbi et Eli qui ont terminé leur voie (A tire d’Ailefroide).

Jour 3

On redescend sur terre pour le 3ème jour. Les groupes se répartissent des voies plus simples et dans le secteur “Alcool” pour être plus raccord avec l’esprit Grimpo6. Picon bière pour Julien, Tobias, Cécile et Ambroise (excellente voie !).
Pour les autres, ça sera la voie la plus facile d’Ailefroide, faut bien se reposer après 12 longueurs et 6 rappels.
Au retour, baignade dans la vasque d’eau glacée du camping pour se rafraîchir après avoir dûment consommé une bière locale à la Ptite Dalle.

Jour 4

Randonnée pour les uns, escalade pour les autres, et farniente pour Hanbi pour le dernier jour. Julien, Cécile, Aubry et Ambroise s’aventurent dans A tire d’Ailefroide (magnifique, comme toutes les voies).
Aubry met Cécile sous pression : “on va vous coller aux fesses” aurait-il dit. Pas question pour Cécile de se laisser faire. Sentant Aubry approcher à la 3ème longueur, elle décide de lâche du leste. Une dégaine virevolte et siffle aux oreilles du second. Elle passe à côté, dommage.

Conclusion

4 jours de folie, dans un petit coin de paradis ! Ailefroide est un endroit magnifique. Une équipe au top, une encadrement excellent. On s’est régalé et c’est tout penauds que nous sommes rentrés chacun à notre boulot en arrivant à Paris.